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"Théorie du genre" à l'école P4

, 15:07pm

Publié par Lokidor

"Ce que vous dit la théorie du genre c'est que vous pouvez être qui vous voulez, ce que vous voulez. Le monde et la vie sont un magasin. Un merveilleux magasin d'identité. Et le métissage est en quelque sorte une variante de la théorie du genre ou son élargissement. (...) On dit on va pas les assigner à la poupée. Mais précisément, on entreprend avec la théorie du genre une sorte de rééducation des enfants. Quand une petite fille voudra jouer à la poupée et qu'un garçon fera glisser une voiture sur la table en faisant "vroum vroum", on dira au garçon : "mais qu'est-ce que t'as à faire "vroum vroum" ; joues donc à la poupée" ; et à la petite fille on demandera de faire "vroum vroum" et de jouer au ballon. Tous les réflexes spontanés étant définis comme des stéréotypes, on verra les éducateurs tenter en quelques sorte de reconstruire les enfants dès leur plus jeunes âge. Ce qui fait peur. Et puis j'ajoute aussi que nous sommes avec la volonté d'introduire dans l'enseignement primaire la théorie du genre. Et donc ils se fichent complétement de ce que peut être la réaction du père de famille : ils vont détruire chez des enfants qui n'ont jamais entendu parler de sexualité, ni a fortiori d'homosexualité, des préjugés homophobes. Nous sommes en plein délire (...)" (16 : 38)

Faridain Belghoulkraut

Nous voici arrivés à la quatrième partie de notre étude de déconstruction de la vidéo de Farida Belghoul. Je suis heureux dans cet article de pouvoir faire l'économie de son visage. Non pas que Farida ne soit belle gueule en apparence, mais que son discours haineux m'a fait découvrir son vrai visage. A la 16 : 38 minutes (Note N°8), Farida Belghoul a décidé de s'exprimer au travers de la voix d'Alain Finkielkraut. J'ai donc choisi de retranscrire le discours auquel vous pourrez vous reporter au fur et à mesure de la déconstruction. Le fait qu'elle ne nuance pas le propos de ce dernier, nous invite à penser qu'elle y adhère en totalité. Nous allons donc étudier les propos de Faridain Belghoulkraut, ce couple improbable réunit exceptionnellement en opposition à la "théorie du genre". Ce couple est improbable parce que l'animosité entre les deux Alain, Soral et Finkielkraut, est assez intense. Les points principaux de divergence étant le sionisme et l'antisémitisme. Mais nous verrons qu'ils ont de nombreux points communs.

Je ne m'attarderai pas sur la définition que donne le philosophe de la "théorie du genre" : "Ce que vous dit la théorie du genre c'est que vous pouvez être qui vous voulez, ce que vous voulez. Le monde et la vie sont un magasin. Un merveilleux magasin d'identité." Une énième définition différente des autres. Qu'un philosophe reprenne une expression inventée sans se préoccuper de ses origines et de sa forte imprégnation idéologique est pour le peu contradictoire.

I. "Réflexes spontanées"

Alain Finkielkraut parle de "réflexes spontanés". Tentons de comprendre ce qu'il veut dire par là. La propriété principale du réflexe est d'être spontanée. Voilà pourquoi l'expression "réflexes spontanés" me semble être un pléonasme. Pourtant elle est employée d'un point de vue anatomique : un réflexe spontané est une réaction immédiate, non réfléchie du corps. Certains "réflexes spontanés" sont conditionnés en ce qu'ils constituent des réponses du système nerveux à une situation d'adaptation (succion du sein maternel, clignement des yeux, fermeture de la main sur un objet, coup de frein face à un danger subite, etc.). Ils sont conditionnés par l'environnement. On ne naît pas avec. Le "réflexe spontané" n'a pas de finalité sociale. Il n'est pas au service de la survie du groupe. Penser ainsi serait le confondre avec l'instinct, ce que l'on fait trop souvent. (Note N°1 : p.197) Le réflexe n'est pas une attitude (une façon d'être) mais une action (un agir). L'attitude en tant qu'état d'esprit est préalable à l'action, même lorsqu'il peut s'agir d'un réflexe. Par exemple, tendu, stressé dans un train fantôme, vous êtes plus susceptible de réagir par réflexes brutaux si un inconnu vous touche dans le noir. Il y a donc un conditionnement de votre attitude. Mais Alain Finkielkraut ne parle pas de ce type de réflexes.

Alain Finkielkraut parle de "réflexes spontanés" après avoir cité comme exemple les jeux à la poupée pour les filles, et à la voiture pour les garçons. Au premier abord, le jeu impliquant l'action, la notion de réflexe semble appropriée. Mais il s'agit du choix du jeu et non du jeu comme processus. Nous ne sommes plus dans l'action. De plus, les "réflexes spontanés" d'Alain Finkielkraut sont non conditionnés. Autrement dit, le philosophe croit que le fait chez une fille de préférer la poupée plutôt que la voiture, est spontané et non conditionné par la culture, son éducation, l'environnement immédiat, etc. Un choix, une préférence ou une hostilité, sont des attitudes et non des actions comme le sont les réflexes. Or, comment penser le choix "spontané" d'un jeu par un enfant comme un "réflexe" plutôt que comme une attitude ? Le réflexe consisterait à tendre le bras spontanément et malgré soi, pour attraper la voiture, à moins que ce ne soit à donner un coup de pied dans la poupée, tout aussi spontanément, sans aucun contrôle, instinctivement. Le terme est inapproprié mais il a été choisie volontairement. En parlant de "réflexes spontanés", on fait l'économie de réfléchir à d'autres causes possibles que celles exclusivement biologiques.

Le choix du mot "réflexe", qui appartient à l'anatomique, accolé à l'adjectif "spontané", est censé déplacer le problème vers le biologique ou le naturel. D'autant plus que le philosophe ignore tout conditionnement possible. En effet, il le dit dans son reproche que soient confondus à l'école "réflexes spontanés" et "stéréotypes". Car le stéréotype conditionne en tant que dispositif cognitif (connaissance, savoir) alors que le "réflexe spontané" d'Alain Finkielkraut est sans conditionnement. On voit bien que dans cette opposition, ce qui prime est le couple conditionné/non conditionné, acquis/inné, ou encore culturel/génétique. On n'est pas loin de la notion d'instinct qu'il nous murmure à l'oreille, bien qu'inappropriée. L'éducation nationale n'engage pas une lutte contre les "réflexes spontanés" et non conditionnés de genre (un OVNI dans le discours de l'Education national), mais contre les "préjugés" et les "stéréotypes" de genre. Ce sont les termes du discours officiel.

II. Des enfants exempts de préjugés

Dans son allocution on a compris que le philosophe était du côté des "réflexes spontanés" dont il craint la destruction parce qu'on les confondrait avec des "stéréotypes". Dans la dernière phrase nous apprenons que les "préjugés homophobes" n'existent pas chez les enfants de l'école primaire.

Dire que les enfants “n'ont jamais entendu parler de sexualité, ni a fortiori d'homosexualité” est une manière de dire qu'ils sont vierges de ce savoir, qu'ils ne peuvent donc le relayer. D'autant plus qu'Alain Finkielkraut considère qu'il n'y a pas de "stéréotypes" chez les enfants mais des "réflexes spontanés". Voilà pourquoi nous serions " en plein délire !" de désirer détruire ce qui n'existe pas : les "préjugés homophobes" et plus généralement tout préjugé.

Nous avions pourtant vu dans le passage sur la diffusion du Baiser de la Lune en classe de CM2, que tous les enfants connaissaient le mot homosexualité et sa signification. (“Théorie du genre” à l'école P3, Blog) Ne serait-ce pas le philosophe enfermé dans sa tour d'ivoire qui serait en "plein délire" ? Eloigné de la réalité du terrain, ne préjugerait-il pas d'une espèce de virginité, d'un état de nature, chez les enfants ? Ou serait-il de mauvaise foi ? Alain Finkielkraut ne connait-il pas Descartes qui disait que l'enfance était l'âge des préjugés, l'âge où nous "préjugeons" en ce sens que nous assimilons des connaissances sans être en état de les juger ? (Note N°2 : p. 236) Peut-on sérieusement penser que des enfants ayant plusieurs années de culture derrière eux, soient exempts de conditionnement ?

L'Anthropologue Catherine Monnot a observé le comportement des enfants dans la cour de récréation en primaire. "Spontanément", dit-elle, les garçons se séparent des filles ; les premiers occupent davantage l'espace territorial et sonore, et bougent beaucoup ; les secondes ont tendance à se regrouper en petits groupes, ou par deux, pour discuter plus intimement et discrètement. Ce sont des tendances puisque des interactions entre les deux groupes existent tout de même. Le mot "spontanément" ne désigne pas des "réflexes spontanés" mais renvoie au fait que les enfants agissent de la sorte "par reconnaissance", pour "être comme" un modèle. (Note N°3). Nous sommes dans l'ordre de la transmission (dont la transmission de stéréotypes) et non dans l'inné. Ou du moins il y a cet ordre de transmission qu'il faut prendre en considération, tout comme il faudrait tenir compte de l'inné. Mais on ne peut, comme Alain Finkielkraut, tenter de nous faire croire que cela est de l'ordre de l'inné exclusivement, en utilisant la formule magique "réflexes spontanés" et en faisant passer le message qu'il n'y a pas de "stéréotypes" et de "préjugés" chez l'enfant.

En niant l'existence des préjugés chez les enfants, Alain Finkielkraut élimine du même coup une propriété qui en est constitutive : la négativité. Le préjugé est par nature négatif. D'ailleurs en anglais il se traduit par prejudice, ce qui renvoyant au français préjudice, porte bien une dimension péjorative. "Le préjugé est (...) une attitude défavorable envers une ou plusieurs personnes en raison de leur appartenance à un groupe particulier. " (Note N°4) "Les sentiments les plus souvent associés aux préjugés peuvent aller du simple inconfort en présence d'un membre de l'autre groupe, à la méfiance, à la peur, au dégoût et à l'hostilité. Les préjugés peuvent également se manifester dans les comportements verbaux (injures) et non verbaux (évitement) qui expriment l'antipathie éprouvée à l'égard des membres d'un groupe rejeté." (Note N°9) En agissant de la sorte Alain Finkielkraut esquive la prise en compte des victimes de préjugés, tout comme nous avons vu à plusieurs reprises que Farida Belghoul ne voulait surtout pas qu'on entende parler de la souffrance, du malaise et du suicide chez les jeunes homosexuels.

Du préjugé se nourrissant des stéréotypes et les relayant, on passe à la discrimination, puis à l'exclusion, et dans le pire des cas à l'extermination. Qui vole un oeuf vole un boeuf ? Voilà pourquoi il faut s'attaquer au problème dans l'oeuf. En tout cas on voit bien la métamorphose qui fait passer de l'individuel au collectif. C'est un problème de société et les lois sont insuffisantes pour lutter contre les inégalités et les injustices entre garçons et filles, entre hommes et femmes.

III. L'ambivalence du stéréotype

Il faut agir sur les préjugés et les stéréotypes dès le plus jeune âge quand l'enfant est en construction, encore souple et malléable. Même si il ne faut pas le considérer comme une page blanche ou de la cire pure, manipulable à merci. L'âge a de l'importance dans cette propriété. A n'importe quel âge nous sommes toujours "les enfants de". Les adultes eux-mêmes sont "les enfants de". Le critère est l'âge de la construction identitaire et non le simple fait d'être un enfant. Entre 1 an et 18 ans la différence est énorme. Plus on intervient tôt, plus la tâche sera facile. Car il est plus problématique de "reconstruire" une identité que de la construire. Plus on intervient tôt, moins il s'agira de "reconstruire", et plus il s'agira tout simplement de construire, de participer à la construction de l'identité de genre. C'est donc un peu paradoxale de dire : " (...) on verra les éducateurs tenter en quelques sorte de reconstruire les enfants dès leur plus jeunes âge." Le cas extrême étant le nourrisson : il s'agit de construction et non de reconstruction, sauf à penser que l'identité est génétiquement déterminée, et ceci en majorité. Si il y a bien une catégorie humaine chez laquelle la construction identitaire est la moins aboutie et figée, c'est bien la catégorie des jeunes enfants. Il n'y aura pas à agir sur les stéréotypes si ces derniers sont dès le début mis à distance critique. Il n'y aura pas besoin de "reconstruire" ce qui n'a pas été détruit.

A dessein Alain Finkielkraut parle de "détruire les enfants", ce qui est extrêmement violent. La destruction est agressive et dommageable, voire mortelle. D'autant plus qu'il faut être vigilent car le stéréotype est indispensable dans la mesure où "Source d'erreur et de préjugés, il apparaît aussi comme un facteur de cohésion sociale, un élément constructif dans le rapport à soi et à l'autre " (Note N°5 : p. 43). Le stéréotype conforte l'identité sociale, renforce l'estime de soi. Il y a donc une ambivalence constitutive du stéréotype : d'un côté, il aide à la construction de la réalité mais, d'un autre côté, il aliène, surtout s'il reste impensé. Cela est d'autant plus vrai que les stéréotypes plaisent aux enfants qui rêvent de métiers conformes aux fantasmes identitaires sexuels" (Note N°6 : p. 259) A la différence du préjugé, le stéréotype peut être positif. Positif dans sa fonction de construction identitaire. Plus difficilement, il peut être positif aussi dans son contenu en tant que support évaluatif des classes, des races, des sexes, etc.

Le stéréotype est donc un élément primordial avec lequel il faut composé. Assouplir plutôt que tuer ou supprimer, déconstruire plutôt qu'annuler ou détruire les stéréotypes, suppose d'en prendre conscience, de ne pas les laisser impensés. Dénoncer "les effets maléfiques" (ibidem) et le versant négatif mais ne pas ignorer le versant positif. Se pose les questions éthiques suivantes : sur le dos de qui, aux dépends de qui, au détriment de qui, peut-on jouer des stéréotypes pour construire les identités ? Le procédé est-il inévitable ? Peut-on l'annuler ou réduire sa négativité ? Est-ce indispensable d'humilier, de rejeter, voire de discriminer et d'exclure des individus ou groupe d'individus, pour forger son identité ? La construction identitaire a-t-elle un besoin impérieux de boucs émissaires, de contre-modèles sociaux?

Ce n'est pas Farida Belghoul, ni Alain Finkielkraut, et encore moins Faridain Belghoulkraut qui poseront la problématique en ces termes. Nous avons un professeur pas pédagogue pour un sou, un philosophe incapable de déconstruire et de se poser des questions.

IV. Pour mieux comprendre Alain Finkielkraut

Pour bien comprendre la position d'Alain Finkielkraut, je vous renvoie à l'article sur ce blog : "Alain Finkielkraut et la galanterie". On peut rattacher le philosophe au courant du Républicanisme Aristocratique et à la théorie pilier qu'est la théorie de la séduction. La galanterie n'est qu'une forme d'expression de la séduction. La femme y est considérée en quelque sorte comme une "femme-parure" ou "femme-objet". Le corps sexué devient le principal référent identitaire et objet de consommation. La femme a le pouvoir de séduire et c'est bien ce pouvoir qui lui ferait admettre sa soumission et son infériorité présumée naturelle. (Note N°7 : p. 24)

Cette théorie est antiféministe, homophobe et islamophobe. Elle cache ses soubassements naturalistes sous la couverture de l'héritage historique et culturel supposé typiquement français. Dans l'article précité, nous avons vu comment l'un des fondateurs, Claude Habib, passait de l'identité sexuée à l'identité nationale. C'est de cette auteure que s'inspire particulièrement Alain Finkielkraut.

Dans les propos de l'extrait qui nous intéresse, le philosophe fait une allusion rapide au "métissage" : "Et le métissage est en quelque sorte une variante de la théorie du genre ou son élargissement. Ce passage est extrêmement important car élargit le champ d'action de la théorie de la séduction : de l'identité sexuée à l'identité nationale, puis à l'identité raciale.

L'on pensait que Alain Finkielkraut n'était qu'islamophobe lorsqu'il considérait que les musulmans ne seraient jamais de vrais français puisque "insensibles" à l'art de la civilité qu'est la galanterie, comme en témoignerait le port du voile. Avec l'allusion au "métissage" comme une "variante" ou un "élargissement" de la "théorie du genre", on fait un grand saut de la discrimination des sexes/genres à la discrimination par la race.

Farida Belghoul ni ne relève, ni ne critique ce dérapage de son porte-parole malgré lui. Qui ne dit rien consent, d'autant plus qu'il s'agit d'un montage vidéo où les détails ne sont pas laissés au hasard. Je ne suis pas certain que parmi les individus de confession musulmane qui soutiennent Alain Soral et Farida Belghoul, tous aimeraient entendre que ces derniers adhèrent à la théorie islamophobe d'Alain Finkielkraut, voire pour certains à son corolaire : l'interdiction du voile à l'école. Mais combien déconstruisent et prennent du recul par rapport aux manipulateurs ?

Transition......

Nous n'en avons toujours pas fini avec le sujet. Dans la prochaine partie nous approcherons de plus près les attributs masculins et féminins, ainsi que leurs rapports. Nous aurons également une vision historique de l'évolution de ces attributs et de ces rapports, qui, je pense, nous sera très éclairante quand à la problématique.

Bibliographie

Note N° 1 : Denis Jeffrey, La morale dans la classe, Presse université Laval, 1999 (http://books.google.fr/books?id=wNBSAefVFecC&pg=PA197&lpg=PA197&dq=tout+r%C3%A9flexe+est+spontan%C3%A9&source=bl&ots=rgrr2YXVrQ&sig=WL_Hag3fw6WJ-WS5iG_M8c4gHjA&hl=fr&sa=X&ei=jUriUpi4A4aK0AX_lYGIBQ&ved=0CDEQ6AEwAA#v=onepage&q=tout%20r%C3%A9flexe%20est%20spontan%C3%A9&f=false)

Note N°2 :René Descartes, Discours de la méthode, Deuxième partie, Oeuvres et lettres, Paris, Gallimard, "Bibliothèque de la Pléiade", 1953, p. 133-134 in Sous la direction de Bernard Bodinier, Marin Gest, Marie-Françoise Lemonnier-Delpy, Paul Pasteur, Genre et Education, Former, se former, être formée au féminin, Publications des universités de Rouen et du Havre, 2009

Note N°3 : http://www.franceculture.fr/player/reecouter?play=4762404

Note N°4 : http://www.psychologie-sociale.com/index.php?option=com_content&task=view&id=42&Itemid=28

Note N°5 : R. Amossy, A. Herschberg-Pierrot, Stéréotypes et clichés, Langue discours société, Paris, Nathan université, 1997

Note N°6 : Sous la direction de Bernard Bodinier, Marin Gest, Marie-Françoise Lemonnier-Delpy, Paul Pasteur, Genre et Education, Former, se former, être formée au féminin, Publications des universités de Rouen et du Havre, 2009

Note N°7 : Conseil du statut de la femme, Etude, Entre le rose et le bleu : stéréotypes sexuels et construction sociale féminin et du masculin, Québec, 2010

Note N°8 : http://www.dailymotion.com/video/x17t0pl_farida-belghoul-sur-l-introduction-de-la-theorie-du-genre-a-l-ecole_news#from=embediframe